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Saint-Nectaire,
d'eau, de fromages
et de mystères

À Saint-Nectaire, les Accros du Peignoir en quête de fromage et d’historiographie sont invités à se rendre sur les hauteurs de Farges. Ici, la Ferme Bellonte, productrice de Saint-Nectaire AOC de-puis huit générations, ouvre ses portes aux visiteurs et les grottes se font le reflet de pans entiers de l’histoire locale : bienvenue aux Mystères de Farges !

À Farges, sur les hauteurs de Saint-Nectaire, les grottes ne sont pas le fruit de la géologie locale puisqu’elles furent creusées de la main de l’homme au début du Moyen-Age pour servir tour à tour d’habitations troglodytiques, d’étables, de bergeries et même de cave d’affinage ainsi que nous l’explique la guide qui nous accueille devant un parterre de fromages.

“Ceux-ci sont présents depuis très longtemps pour le décor, il serait préfé-rable de ne pas les toucher”, prévient-elle dans un sourire.

© Marielsa Niels

Les histoires d’autrefois mises en lumière

Ici les stars, ce sont certes les fromages mais également tous les personnages, plus ou moins anonymes, que l’on retrouve dans les différentes animations scénographiées qui font la spécificité du site. De fait le propriétaire des lieux, Alphonse Bellonte, a souhaité raconter l’histoire locale à travers une mise en scène originale faite de lanterne magique, de diapora-ma et de projections en tous genres. “Nous nous servons des techniques d’aujourd’hui pour mettre en valeur les histoires d’autrefois”, explique-t-il. “A travers les Mystères de Farges, je suis heureux de transmettre à chacun de nos visiteurs une partie du patrimoine local”. Ainsi, après un court passage dans la grotte d’affinage, les visiteurs sont invités à écouter l’histoire des frères Antoine et Donat Dubois, respectivement curé et maire, qui sauvèrent les reliques de Saint-Nectaire aux temps troubles de la Révolution Française.

© Marielsa Niels

Le trésor
de Viginet

Mais le véritable trésor ici, ce sont les photos stéréoscopiques de Monsieur Viginet, retrouvées par hasard dans un grenier, et qu’Alphonse Bellonte a fait restaurer afin de les remon-ter sous forme de diaporama. Témoignage inédit de la vie de Saint-Nectaire à l’aube du XXe siècle, le “Trésor de Viginet”, ainsi que l’on nomme cet inestimable fonds, est le fruit du travail de cet homme qui, ayant fait fortune à Paris, s’est improvi-sé ambassadeur de Saint-Nectaire et de l’Auvergne dans la capitale. Ultra-moderne pour l’époque et véritable ancêtre du cinéma 3D, le procédé photographique stéréoscopique per-mettait d’obtenir l’impression du relief à partir de deux images planes presque identiques, ce qui plonge littéralement le spectateur à l’intérieur des scènes immortalisées par le sieur Viginet. Ici, la personne qui commente les différentes photos se nomme Felize. Vous la connaissez : c’est cette petite fille chapeautée qui fait la moue sur tous les supports de commu-nication des Mystères de Farges. “Félize, c’est l’aïeule de ma voisine, chez qui on a retrouvé le trésor de Viginet, c’est pour-quoi il était important que ce soit elle qui raconte l’histoire”, confie Alphonse Bellonte.

Saint-Nectaire
de la ferme à l’auberge

En ressortant de la grotte, si l’émotion vous a donné faim, plu-sieurs options s’offrent à vous. Les plus gourmands pourront ainsi se rendre directement à l’auberge La Grange d’Alphonse, attenante aux Mystères de Farges, qui propose des plats typiquement auvergnats à l’instar de la “Phonsounette”, la spécialité du lieu à base de pommes de terre, de saint-nectaire fondu et de saucisse grillée. Pour autant, si vous souhaitez profiter de votre passage en terre saint-nectairienne pour en apprendre davantage sur la fabrication de la star locale, direction la Ferme Bellonte située à quelques pas. Ouverte li-brement à tous, la visite débute par un film d’une dizaine de minutes qui présente les différents aspects de l’exploitation. On peut alors suivre tout le chemin du lait, depuis l’étable où les plus matinaux pourront assister à a traite du lait – à 6h du matin tout de même -, jusqu’au local où le lait est trans-formé en fromage… avant que ce dernier ne rejoigne les caves d’affinage, dont certaines furent creusées de la main de l’homme il y a plus de 1000 ans !