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Culture thermale du Massif central,
source de créativité

Initié en 2019, le partenariat pédagogique entre la Route des Villes d’Eaux du Massif Central et l’Esadse avait pour but de proposer une interprétation de la culture thermale aux étudiants, à travers le prisme du graphisme, de l’objet et de l’espace.

Une sélection de ces créations sera proposée au grand public à l’occasion de l’exposition Culture Bains, à Montrond-les-Bains du 10 mai au 22 juillet 2021, puis en tournée dans les villes d’eaux du Massif central

Ce projet protéiforme a impliqué plus de 60 étudiants.

Peignoir revisité

Etendard de l’activité bien-être et cocooning, le peignoir représente aussi le vêtement traditionnel pour la cure thermale.

Afin de revisiter ce symbole textile, l’Ecole supérieure d’art et design de Saint-Etienne a proposé à ses étudiants un concours de conception de peignoir.

Parmi les propositions, le jury a sélectionné le projet Les Bourgeons perlins, produit au Lycée des métiers de la mode Adrien Testud (situé au Chambon-Feugerolles). Un autre projet questionnant le recyclage des peignoirs a été mené dans cet établissement.

©Salomé Kahn, Mathias Hû

Peignoir Les bourgeons perlins
Tissu éponge, tissu nid d’abeille, broderies en fils de coton, perles en bois vernis
Les bourgeons perlins est une paire de peignoirs issue de la fusion d’un travail de forme et de motif.
La forme est enveloppante, conserve la chaleur du corps à l’intérieur. La fermeture du premier peignoir est assurée par une bande que l’on vient reposer sur l’épaule. Sa manipulation nécessite alors des gestes plus amples qui marquent une transition plus nette entre l’état nu et l’état enveloppé. Le second peignoir se ferme par une attache plus conventionnelle.

Le motif, lui, est inspiré des couleurs des paysages du Massif central. Il est généré par un programme informatique ce qui permet à chaque peignoir d’être unique, tout en garantissant la cohérence de l’ensemble des peignoirs entre eux.

Les deux peignoirs sont accompagnés d’une bande massante, tissage de billes de perles en bois vernis.

Peignoir Re-création
Sur la base de 8 peignoirs ayant longuement enveloppé des curistes de Châtel-Guyon, ce peignoir a été réalisé par le Lycée des Métiers de la mode Adrien Testud au Chambon-Feugerolles.

Amandine Cormier, en formation CAP vêtement, a relevé le défi : en mixant, en modelant, en plissant, en liant ces peignoirs pour leur redonner vie.

Ce projet a démarré par un croquis, il a été conçu par moulage. Cette technique de couture consiste à élaborer un modèle directement sur le mannequin. Plusieurs essais ont été nécessaires, il a fallu draper, épingler la matière avant de la coudre. Cette conception a demandé deux semaines de travail.

Ce projet a été conduit par Blandine Goin et Rachel Magnard, ses enseignantes.

Cette réalisation « sculpturale » nous sensibilise et nous interroge sur l’hyperconsommation des vêtements et le recyclage de nos textiles.

© Blandine Goin, Rachel Magnard

Graphisme thermal

Les villes d’eaux détiennent un patrimoine graphique emblématique, notamment à travers les affiches de station annonçant la saison thermale et les affiches des Compagnies de chemin de fer Paris Orléans ou Paris Lyon Méditerranée.Ces affiches visaient à valoriser les atouts touristiques et les dernières innovations techniques de ce territoire.

Les étudiants de l’Esad ont dessiné des affiches en résonnance avec le patrimoine et l’activité des villes thermales, en mobilisant leur imaginaire singuliers et collectifs.

Une semaine de workshop avec Baptiste Deyrail, illustrateur et graveur, a permis un travail de création et d’échanges avec les étudiants.

18 affiches correspondant chacune à une des villes d’eaux du Massif Central ont été produites, approches sensibles mettant en évidence un régime aquatique et spatial commun à ces lieux de soin.

© Heidi Habbuloglu
© Perrine Pernoud
© Juliette Laroche

Villes d’eaux et design d’espace

Lieu à l’urbanisme idéal, les villes thermales du Massif central constituent pour la plupart des modèles de développement urbain, dès le XIXe siècle et encore de nos jours. Quelle influence majeure auront en 2050 « Les Accros du peignoir », la communauté initiée en 2016 par les villes d’eaux du Massif central ? Les étudiants de la mention design d’espace nous projette dans des futurs possibles : à la croisée de la philosophie thermaliste et des bouleversements socio-environnementaux à venir, trois sociétés se structurent sur le mythe, la spiritualité, ou la religion d’état.

Cette réflexion sur les Accros du Peignoir en 2050 ouvre sur des fictions, sur des possibles qui “pourraient advenir”. C’est un travail à la fois prospectif, critique et poétique.  Le résultat global des étudiants réside sur le parallèle entre trois fictions, une dystopique (religion d’état) une mélancolique (mythologie) et une optimiste (spiritualité) sous forme de vidéos.

© Clémence Creveau
© Enola Bellet
© Violette Dendaletche

Des objets bienveillants

Les villes thermales proposent des solutions pour la santé et le mieux-être, depuis l’Antiquité pour nombreuses d’entre elles. Grâce à la présence de sources thermales, ces lieux ont été très tôt des lieux curatifs et de bien-être. Dans cette logique, 20 étudiants de 2ème et 3ème année de l’Ecole supérieure d’art et design de Saint-Etienne ont conçu des objets apportant des réponses à nos maux quotidiens, qu’il s’agisse du stress ou de maladies chroniques.

D’autres objets amènent à une détente globale et à un mieux-être. Un workshop avec Pieke Bergmanns a été proposé aux étudiants pour alimenter leur réflexion.

Parmi ces conceptions, le projet de vêtements brodés « A toi, et pour tout le monde » conçu par Raphaëlle Larose, a été réalisé.

« A toi, et pour tout le monde est un projet textile, illustrant 3 cancers en broderie, qui dénonce la surconsommation des pesticides, à l’origine du développement massif sur le long terme de 3 cancers distincts aux alentours des zones traitées. Ils tentent de sensibiliser les populations à ce danger, les aider à se protéger par la médiation de vêtements. Porter par chacun, chaque jour, le rendre “extraordinaire” permet de s’afficher, d’interpeller, de renseigner et d’aider toute la communauté. Portés par leur entourage, qui souhaitent soutenir leurs proches malades, dans un lieu public pour une prise de conscience large et rapide, ces vêtements ne protègent bien évidemment pas des pesticides – seule une combinaison étanche le permettrait. Ils procurent à minima le sentiment de fierté de se battre pour les malades, passés et futurs. »

© Raphaëlle Larose

Contact presse “Voyages Artistiques”